HUMEURS

 

Thiéfaine gros con ? - Novembre 2004

Le 17/11/2004

Mardi dernier, H.F. Thiéfaine ouvrait la première soirée du Festival "Sémaphore en Chansons" (superbe programmation par ailleurs), par un concert mémorable... par sa nullité et par la colère qu'il a suscité en moi et visiblement en pas mal d'autres.
Seul sur scène à la guitare, évitant soigneusement de rentrer dans le faisceau des projecteurs préparés pour lui, mais se postant volontiers devant les enceintes pour s'amuser à nous vriller les oreilles de larsène, il a chanté les deux premières chansons en entier.
C'est là que ça se gâte : premier baratin : "J'ai demandé à Noël Mamère de me marier à mon frère, et comme ce n'était pas possible, je lui ai demandé de me marier à mon cheval." Malaise dans la salle, c'est l'argument des députés d'extrême droite sur le sujet (et des Boutinistes sur le Pacs). Il insiste et s'enfonce.
A partir de là, difficile de se raccrocher aux chansons : le régisseur arrive sur scène entre chacune avec au choix vin et bière, plus Johnny Walker dans la poche à grandes lampées, le tout mis en scène, qu'est-ce qu'on en a à foutre que tu aies recommencé à boire ? Par contre, on aurait bien aimé que tu chantes, mais le reste se fit bouche pâteuse, et plus une chanson entière, entre oubli du texte, de la musique, plantage au milieu...
Les autres baratins ? Vous êtes sûrs ? Bon, un sur le féminisme, du genre y'a plus moyen de baiser, avant elles étaient féminines, maintenant elles sont féministes ; un autre sur mai 68, version démago, convenante, et politiquement correcte, genre Figaro Magazine. Un hésitation quand même à la fin : "Je préfère être révolté que révolutionnaire, et mourir jeune et révolté dans une voiture comme Camus, que vieux et con sur mon tonneau [...]" Un blanc ... S'aperçoit-il que c'est trop tard pour lui ?
M'étonnerait, puisque son prochain discours pâteux sera pour se vanter d'avoir voté Chirac une fois et jamais avant, bravo le révolté ! La gêne grandit dans la salle, chez les fans comme chez ceux qui venaient (re)découvrir, et il rit sur scène, seul.
Au bout d'un moment, ce n'est pas le régisseur mais une jeune fille de l'organisation qui monte sur scène pour lui dire discrètement qu'il y a un autre concert après. Il lui bave dessus en lui demandant comment elle s'appelle et la vire.
Il se fait applaudir en reprenant le Gaullien "Les Français sont des veaux"... et le prouve malheureusement un peu plus tard : à la dernière chanson, "la fille du coupeur de joints", la majorité du public se lève et tape dans les mains et chante le refrain. Je sais pas pourquoi. Mais ça avait mauvais goût.
Renseignements pris, ce n'est pas un dérapage isolé, tout ces baratins réactionnaires ont l'air de faire partie du spectacle depuis les Bouffes du Nord, malgré les protestations du public dès la première (et une ovations à La Rochelle, la proximité de la Vendée, peut-être?).
Claudine LEBEGUE a commencé son concert avec 2 heures de retard devant un maigre public, dommage, c'était superbe de révolte, de sensibilité, de tension. Moi j'ai loupé une chanson, parce que j'étais en colère, alors j'ai écrit ce qui suit. C'est à chanter sur l'air connu, ce que j'ai fait le vendredi lors de mon spectacle (après Aldebert et Magyd Cherfi qui ont fait un tabac et ont fini à l'heure), chacun son tour. La fin de "Ton fils...(dort avec moi)" est passée de "Paroles, Christine Boutin, Musique, Renaud Donnedieu de Vabre" à "... Musique, H.F. Thiéfaine", et des gens sont venus dire merci après, même si ça se fait pas je crois, de critiquer les collègues.
Bref. Chantons en choeur, ça console pas mais ça soulage.
LA VIE DU COUPEUR DE JOIE
Il descendait de son Jura
Son Johnny Walker à bout d'bras
En croyant qu'il n'avait plus rien
A prouver, à montrer, plus rien. (bis)
Nous on était naïf public
Tout prêt à l'trouver sympathique
En pensant qu'on se tap'rait bien
La suite du coupeur de joint
Les restes du coupeurs de joint.
Soixante-huit vu par l'Figaro
Un speech homophobe, un macho
La France de Mégret à Boutin
ça s'rait Sardou, je dirais rien
(A part que là, il chante moins bien).
Entre deux whisky et une bière
Riant tout seul dans son cim'tière
Que donnerais-je pour n'avoir pas
La vie de ce coupeur de joie
La fin d'vie du coupeur de joie.