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Bacchus, la belle orgie

La Marseillaise - Le 21 mars 2005
C'est sûr, ce petit Nicolas-là ne cèdera jamais aux sirènes de la gloire à tout prix. Sans concessions, il chante ce qu'il pense et, avec ou contre le courant, il rame peut-être, mais ne se noie jamais. A bord de l'Exodus, il reprend la barre pour Avec le Temps.
AU risque de se répéter, et après avoir tartiné quelques colonnes lors de sa dernière escale phocéenne, on redira ici tout le bien que l'on pense de Nicolas Bacchus, petit Toulousain qui, il n'y a pas si longtemps, venait délivrer sa pensée vraiment unique et ses Balades pour enfants louches, accompagné de Vincent Trincal, un violoncelliste vraiment tout-terrain.
Au programme - mais le répertoire change tout le temps, paraît-il, et on veut bien le croire -, des histoires de cul bien tournées, des pamphlets intermittents et politiquement pas très corrects, des saillies desprogiennes, une parodie de musiques festives clichetonneuses, aïolesques-cassoulet-tombélachemize, des versions hallucinantes du Petit âne gris d'Hugues Aufray, et on en passe. Le tout abreuvé à sa propre source, mais aussi à celle de ses collègues Les Malpolis, entre autres.
Il y avait ça, donc, mais pas seulement. Car, comme le dit si bien le directeur du Bijou toulousain, Monsieur Bacchus "passe du cocasse à l'âme en deux accords". Et l'âme, c'est du Genêt (bouleversant Cayenne), des vies racontées, des malheurs et des injustices en-veux-tu-en-voilà, trempées dans une plume inspirée et qui font irrémédiablement perler un petit truc au coin de l'oeil que l'on pourrait appeler larme.
Depuis, un troisième album est prêt à la souscription - suffirait qu'il coupe ses nattes comme Cherhal pour être signé chez un "gros" et passer chez Drucker, mais c'est dommage, il n'en a pas, de nattes...-, avec au menu des bijoux déjà dévoilés un peu partout et notamment à Paris sur la scène du théâtre des Déchargeurs (un noms d'ailleurs fort à propos), et qui arrivent enfin, Avec le Temps, à Marseille.
Denis Bonneville