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A mettre entre toutes les oreilles et à consommer sans modération !

www.et-alors.net - Le 05 fevrier 2006
Nicolas Bacchus : trois disques et des concerts à mettre entre toutes les oreilles et à consommer sans modération !
A ceux qui veulent se guérir d’une indigestion de chansons incolores, inodores et sans saveur, je propose un remède efficace : Nicolas Bacchus un gay chansonnier alternatif avec de vrais morceaux de guitare et de politically incorrect dedans.

Chansons gaies et amours tristes… Ou amours gays et chansons tristes ?
L’homosexualité, Nicolas Bacchus en parle avec un naturel et une sensibilité qui ne laissent place ni à l’outrance caricaturale, ni à la mièvrerie dégoulinante de bons sentiments.
Avec « Ton fils…. Dort avec moi », fameuse chanson de son album live Balade pour enfants louches, il réussit à mettre des mots sur ce que tant de jeunes homos rêvent de dire à leurs parents : « Pleure pas jolie madame, ton gars choisit sa vie, allez vas pas en faire un drame, tu sais ton môme je l’aime aussi. »
En guise de cerise sur le gâteau, il nous propose à la suite de ce titre un petit baratin irrésistible, un florilège des réactions parentales face au coming-out de leurs chères progénitures. Papa et maman en prennent pour leur grade mais c’est pour la bonne cause.
Bacchus chante aussi l’amour « mais pas l’amour qu’on chante tous les jours » (N. Bacchus sur France Musique dans l’émission Sur tous les tons le 2 septembre 2005). Ses chansons narrent des histoires d’amour entre garçons. Même s’il tente de se défendre avec un cynisme qui ne trompe personne « le côté pleurnichard, ça attire vachement les mecs, j’ai remarqué. Je compte bien former mon harem" de fans en disant des choses comme ça ! « (Têtu, le 15 décembre 2005), on l’a bien compris, Nicolas Bacchus est un vrai poète.
« Dans les saunas », il nous emmène dans cet univers où « les hommes ont des odeurs de pommes et de chocolat » et cette promenade est touchante par le romantisme qui s’en dégage.
« Engagez-vous qu’ils disaient ! Engagez-vous, vous verrez du pays! »
Nicolas Bacchus ne sort pas des bandes dessinées d’Astérix. (quoique avec un nom pareil…) Néanmoins il n’a pas oublié la rengaine des légionnaires romains.
Et pour s’engager, il s’engage. Avec des mots qui se bousculent, des mots qui nous bousculent, des mots qui tranchent avec le consensus poli de la chanson estampillée Starac, avec les opinions bien pensantes et autres hypocrisies médiatiquement transmissibles.
Il prend la plume pour défendre les sans papiers, n’hésite pas à se moquer du charity business que pratique une large partie des chanteurs français et ne rechigne pas non plus en concert à aborder avec pertinence et acidité des thèmes politiques. Bien malgré eux, « Chevènement, encore vivant ? » pour sa contribution dans l’affaire des sans-papiers, ou Christine Boutin pour ses pleurs sur le PACS sont mis à l’honneur.
L’amour, la politique mais alors, quand est-ce qu’on se marre ?
Par bonheur, les chansons d’amours et les chansons engagées se voient très avantageusement complétés par des intermèdes drolatiques.
Sur le dernier album, A table, le titre d’Alain à Line renoue avec la tradition des chansons à vrais jeux de mots.
Quelques pistes plus tard, « que tu sois fille ou garçon, si tu cherches l’homme de ta vie » Nicolas Bacchus te dresse un Inventaire de tous les spécimens d’amants de « l’étudiant coincé tout maigre » au « p’tit gars bien musclé qui passe son temps à se regarder » sans omettre « celui posé dans ton salon devant Jean-Pierre et ses millions de con », un inventaire qui ne laissera pas vos muscles zygomatiques indifférents.
Et pour couronner le tout, sous vos applaudissements, comme le dirait une regrettée star de la télévision française, Bacchus reprend à notre plus grande joie d’ados ou d’adultes nostalgiques de l’enfance le tube des colos : le petit âne gris. Fou rire garanti à l’écoute des imitations de Renaud, Brel, Barbara ou Goldman.
Pirlouit dans Art et Culture / Musique
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