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Nicolas BACCHUS / On y croit !

Longueurs D'Ondes #34 - Le 22 mars 2006
Sur scène, il prévient : "Attention, on passe aux chansons d'amour, vous allez vous emmerder." Mais on ne s'ennuie pas une seconde : les rimes plus friponnes que monotones de Bacchus détonnent. A 34 ans, le musicien rit de tout, à commencer de lui-même. La dérision au bout des lèvres, il parsème ses morceaux de références à ses aînés, Brassens ou Brel. Mais au consensuel, il préfère l'impertinence. Révolté, Bacchus ? "J'aime donner à réfléchir, mais je ne cherche pas à choquer. Le plus dur, quand on a un public engagé, c'est de ne pas tomber dans le conformisme de l'anticonformisme." Un écueil qu'il évite en abordant avec un naturel pétri d'humour des thèmes aussi variés que le "biblocentrisme" des Etats-Unis, son homosexualité, les excès du tout sécuritaire... Avant de jouer un peu partout en France, Bacchus a fait ses armes à Toulouse. Au fil des salles, il croise Juliette, Debout sur le Zinc, Les Pistons Flingueurs... Et une demi-douzaine d'autres groupes que l'on retrouve sur son troisième album. "Je voulais réunir la famille musicale dans laquelle j'évolue, mais aussi donner une couleur particulière à chaque titre."
Romantiques, souvent poétiques, irrévérencieuses parfois, les paroles signées Erwan Temple lui vont comme un gant. Si A table est moins provocateur que ses précédents disques, Bacchus ne se prive pas de pimenter ses concerts de petits sketches politiquement incorrects. Sur scène, il évolue avec une formation réduite : guitare, violoncelle "tout terrain" et harmonica. Touchant, il met à nu ses fêlures, dresse un inventaire caustique de ses ex, crie ses colères. S'il n'avait pas été musicien, Bacchus aurait aimé être trapéziste. Il a en tout cas trouvé le juste équilibre entre provoc, poésie et modestie.
Marie Charrel
http://www.longueurdondes.com