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Interview

Le Petit Format - Le 01 mars 2011

Il appartiendra, certes, au public de juger, mais tu me disais trouver ton dernier album "très écoutable". Je voudrais que tu développes cette appréciation...

C'est surtout une boutade pour dire à la fois qu'on s'est impliqué, appliqué, pour le son et les textes, qu'on est fiers du résultat, mais sans faire trop le fanfaron. Un genre de fausse modestie qui se voit. Cela dit je suis vraiment fier du travail accompli, c'est important aussi vis-à-vis des gens qui m'ont fait confiance (auteurs, éditeurs, musiciens), et je ne pense pas m'être ruiné pour rien ! Je pense que ça s'entend et que je n'ai pas à rougir de l'évolution d'un album à l'autre : ce n'est pas encore "l'album de trop" ! Et les musiciens de talent que j'ai réunis (Giovanni Mirabassi qu'on ne présente plus, Brahim Haiouani piqué à Toulis pour l'occasion, Julien Joubert de Kwak, Marc Limballe des Rois de la Suède, et quelques découvertes) n'y sont pas pour rien. Comme Sylvain Mercier, l'ingénieur du son, qui est aussi celui de Benjamin Biolay depuis La Superbe.

Osciller toujours entre niaque et tendresse, c’est grisant ?

En tout cas c'est mon mode de fonctionnement, dans la vie comme à l'écrit, et c'est ce que j'aime chez ceux que j'écoute et lis. Ça me paraît faire un être humain plus complet qu'univoque.

Tu as quelques invités, sur cet album. Peux-tu faire les présentations ?

Le disque permet de faire proprement ce qu'on fait parfois un peu rapidement lors de rencontres trop brèves sur scène, et de présenter sa famille musicale. D'où la présence d'Anne Sylvestre ou de Patrick Font et Sarclo, un genre de caution des "anciens" dont je suis très honoré, mais aussi de Thomas Pitiot ou Agnès Bihl. Quant à Lucas Rocher,  je produis aussi son 1er album, comme j'avais produit les 2 de Manu Galure, il a donc toute sa place et là… c'est moi l'ancien !

Bacchanales productions, ça consiste en quoi ?

Après Kiui Prod (Sarclo, Manu Galure, Frédéric Fromet, Thibaut Derien), co-créé et co-dirigé pendant 5 ans avec Julien Ackermann, c'est ma nouvelle structure de production, sous forme associative, avec vocation à devenir un outil collectif et coopératif, voire à terme une coopérative.

La scène, est-ce toujours pour toi une impatience ?

Toujours, mais c'est un autre travail que le disque. J'y suis beaucoup moins riche et rigoureux musicalement (solo ou duo acoustique, accompagnement sauvage à la guitare) mais j'accorde une importance réelle au spectacle, à faire plus que des chansons, un "disque debout". La bonne école de Font et Val, Les Malpolis ou Juliette, peut-être. Envie ni de m'emmerder, ni d'emmerder les gens…

Propos recueillis par Jacques Perciot
pour Le Petit Format, journal du Centre de la Chanson