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Chronique Album

Zicazine - Le 24 fevrier 2011

Cinq années passées loin du feu des projecteurs pendant que Nicolas Bacchus s’investissait à la direction artistique de Kiui Prod et revoilà le chanteur avec dans sa besace pas moins de seize nouveaux titres et avec en prime quelques beaux duos … Cela méritait bien une contrepèterie et pour l’occasion, Bacchus le libertin la met même tout en haut de son nouvel étendard, un album qui se remplit de ses compositions mais aussi de celles de ses amis ou mentors et pour lequel il a convié Julien Joubert et Lucas Rocher aux guitares, Brahim Hajouani à la contrebasse, Marc Limballe à la batterie et plus épisodiquement Giovanni Mirabassi au piano, Sylvain Rabourdin au violon et à la mandoline ou encore Francis Bages à la trompette. En une heure de musique pour un quatrième album toujours aussi libertaire, Nicolas Bacchus nous rappelle que les grandes idées n’empêchent en rien les plaisirs de la chair et joies de l’amour. Tranches de vie ou fantasmes ? A chacun de se faire sa propre opinion …

« La verVe et la Joie », c’est un mélange soigneusement dosé des engagements et de l’humour d’un artiste qui n’hésite jamais à faire appel à ses pairs pour mieux s’offrir des poèmes craquants. On retrouve ainsi la plume de Bernard Dimey, celle de Patrick Font, celle de Manu Galure ou celle de Vladimir Vissotski sur des chansons que cet amateur de belles et bonnes choses partage librement avec Thomas Pitiot, avec Lucas Rocher, avec Yoann Ortega, avec Anne Sylvestre ou encore avec le trio Agnès Bihl, Patrick Font et Sarcloret qui revisite les notes du « Métèque » de Moustaki pour en faire « Identité Nationale », un titre qui prend tout son poids en ces temps sécuritaires … Une belle dose d’harmonica posée par Michel Herblin sur « La Pierrette à Pigalle », beaucoup de second degré et de bons mots mais aussi de très beaux arrangements de cordes sur « Ce que je fais de moi », une gouaille qui ne rappelle ni vraiment Brel ni vraiment Renaud mais évoque un peu le mélange improbable des deux, il y a de quoi jouir et se réjouir d’un ouvrage enregistré en quasi-live et en seulement quelques jours à l’approche de l’automne 2010, une période où le climat social était propice à ce que les artistes engagés laissent libre cours à leur verve sans pour cela renoncer à leur joie de vivre. On saluera encore la production très soignée et enfin les illustrations toujours très réussies de Piérick qui agrémentent un livret lui aussi plein de belles choses … Vite, du live !

Fred Delforge pour
Zicazine