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Nicolas Bacchus

Blog Chanson - Le 08 juin 2007

Chaque année apporte son lot de découvertes musicales fortes. Si mon penchant pour le rock ne se dément pas, j'ai conservé depuis l'adolescence un tropisme fort pour la chanson française « à texte » comme on dit. Grâce à mes divers journaux préférés, j'ai pu découvrir ces dernières années des gens sensationnels comme Camille, Florent Marchet, Jeanne Cherhal, Coralie Clément, Cali, Romain Humeau, etc.

Parfois, ce fut plus fortuit et généralement plus confidentiel : Clarika (cela commence à faire longtemps : 1992 !), Bastien Lallement, Fabien Martin, Thibaud Couturier... Et depuis 2006, dans ce registre partiellement fortuit, Nicolas Bacchus. Et j'ai envie de lui faire de la pub, parce qu'il est à mon avis des plus talentueux et, ce qui ne gâche rien, parce que ses humeurs politiques me ravissent. Peut-être certains d'entre vous en ont entendu parler. Il semblerait passer dans certaines bonnes émissions de radio (comme celle d'Hélène Hazéra sur France culture), mais il n'est pas du genre que les bien pensants s'autorisent à diffuser : « grande gueule » comme François Béranger, plus décapant que Renaud (jeune), plus rose que Dick Annegarn, plus irrécupérable que Léo Ferré. Bon, peut-être fais-je dans le dithyrambe excessif, mais tant que vous n'aurez pas essayé, vous ne pourrez pas le vérifier.

Il a trois albums à son actif. Seuls les deux derniers sont disponibles : Balades pour enfants louches (2002, un album enregistré en live), et À table. Chansons bleues ou à poing (2005).
De son vrai nom Nicolas Bages, il écrit à peu près 30 à 50 % des textes de ses chansons, secondé par deux amis, Dany Rodriguez et Erwan Temple, et presque toutes les musiques. Quelques titres marquants : « Les Sans papiers », « Les restos » (du coeur), « Ton fils (...dort avec moi) », « D'Alain à Line » (une merveille digne de Bobby Lapointe), « Les pommes, les papous, les châteaux », « Dans les saunas », etc.

Sur scène, il donne sa chanson la plus décoiffante, « Le petit âne gris ». Vous ne faites pas erreur, c'est bien la célèbre scie d'Hugues Auffray, mais ils remodèle les paroles et parodie divers chanteurs (Barbara, Francis Cabrel, Renaud, etc., sur l'album de 2002, et Carla Bruni, Jean-Jacques Goldmann, Bénabar, et un Vincent Delerm à hurler de rire sur l'album de 2005). L'ensemble est furieusement drôle. Il y a diverses sources d'inspiration : les « topiques » de la chanson française (l'amour, la mort, la maladie, les désillusions, les bourgeois, les personnages pathétiques, la politique), avec quelques originalités bien ancrées et assez hétérodoxes dans le message (une préoccupation constante pour le tiers-monde, les associations, le militantisme). Et une bisexualité (tendance gay) revendiquée glorieusement, rigolarde, qui donne certains de ses textes les plus réussis et les plus piquants.  Il a également un site très personnel, et qui vaut le déplacement : On y apprend entre autres qu'il participe à un collectif de chanteurs qui fait des spectacles à propos du groupe pétrolier Total. Voilà ce que je pourrais dire en bref. J'espère que cela vous donnera envie d'aller y écouter d'un peu plus près.

Joannic Arnoi pour
joannic-arnoi.over-blog.fr/