Presse

 

Nicolas Bacchus, présentation et critique

Evene - Le 05 janvier 2007

Présentation

Troubadour, voilà comment définir le personnage qu'est Nicolas Bacchus. Il n'est pas seulement poète et musicien mais aussi conteur et humoriste lorsqu'il se met à chanter. Seul avec sa fidèle guitare en bandoulière ou accompagné par d'autres musiciens, il pose ses pensées sur des accords enjoués. Ce conteur des temps modernes transmet avec dérision ses chagrins et coups de gueule toujours avec justesse dans un style décalé qui fait sa marque de fabrique.
Nicolas Bacchus nous emmène dans son univers fait de rêves mais aussi de cauchemars sur lesquels il pose ses mots. Bercé depuis tout petit par des auteurs comme Brassens et Renaud, on retrouve dans ses chansons une colère saine d'un homme écorché. S'il se présente comme une 'subversion politique et sexuelle en milieu urbain', c'est véritablement un empêcheur de tourner en rond pour les bien-pensants. Son dernier album, 'A table', prouve bien qu'il a faim et qu'il sait montrer ses dents quand il le faut mais toujours avec le sourire.

La critique

La note evene : 5/5La note evene : 5/5  

Lorsqu'il arrive face au public, seul, sans micro, Nicolas Bacchus a l'air un peu perdu, presque chétif derrière sa guitare. Impression estompée après quelques secondes. Dès qu'il prend la parole, il triomphe : drôle, corrosif, parlant beaucoup entre ses chansons, à tel point qu'il faut considérer ses baratins comme des oeuvres à part entière, le chanteur ne met pas longtemps à conquérir le public. La verve bageuse (Nicolas Bages est son vrai nom), c’est une marque de fabrique, un truc qui n’appartient qu’à lui. Mais de quoi parle-t-il, au fait ? De lui, des autres, de ce qui l’énerve ou l’amuse et de son homosexualité, certain que l’humour autorise beaucoup d’impudeur, conscient aussi que ses chances de jouer devant un parterre de militants FN sont assez réduites. Son discours est engagé mais pas seulement, comme ça on ne pourra pas dire que Nicolas Bacchus est un type cérébral, dogmatique et ennuyeux. Drôle aussi, mais pas que, sous peine de n’être considéré que comme un simple amuseur. “J’aime mélanger les genres, souffler le chaud et le froid, et cueillir les gens après avoir dit une grosse blague.” Pari tenu : personne d'autre que lui n'est capable d'enchaîner une chanson engagée, une balade nostalgique et une imitation (réussie !) de Barbara chantant Hugues Aufray. Et puis, pour être bien sûr que le public ne reste pas sur sa faim, Nicolas Bacchus n’hésite pas à revenir faire deux-trois chansons, à rigoler pour de vrai avec les premiers rangs (qui, au Connétable, sont aussi les derniers) et à donner des autographes à une foule d’adorateurs se jetant à ses pieds à la fin du spectacle. Alors oui, c’est vrai, le Connétable n’est pas le Zénith, et Nicolas Bacchus n’est pas aussi célèbre que Johnny Hallyday. Mais au moins, ce soir, on a franchement rigolé, on a été ému et on se sent moins bête en ressortant. Bref, on a bien fait de ne pas rester devant la téloche.

Julien Demets pour
www.evene.fr
(d'où il s'est gentiment fait virer en 2010 suite au rachat du site par Le Figaro, d'ailleurs...)