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Chronique Album - La verVe et la Joie

Idoles Mag - Le 27 mars 2011

Le ton est donné avec le titre de ce quatrième album de Nicolas Bacchus, « La verVe et la Joie », ou comment passer du V de la victoire au point G... (poing?)

Nicolas Bacchus sort son premier album en 1999 en autoprod « Coupe d'Immondes (... et autres réjouissances populaires) ». Se revendiquant volontairement comme engagé, l'auteur qu'il est chante ses propres textes mais prend aussi un malin plaisir à s'approprier les textes de ses camarades. Il sort un live en 2002, « Balades pour enfants louches », enregistré au « Bijou » à Toulouse, et un second album studio en 2005, « À table (chansons bleues ou à poing) ».

Il aura donc fallu à Nicolas Bacchus près de 6 ans avant de ressortir ce nouvel opus, « La verVe et la Joie ». Pendant ce temps, il s'est occupé, entre autres, de la direction artistique de Kiui Prod, à qui l'ont doit des signatures comme Thibaut Derien, Manu Galure ou Sarclo. Quelques années à s'occuper des autres qui lui auront certainement permis de prendre un peu de recul sur son propre projet. Mais en avait-il vraiment besoin?

Il faut dire qu'avec « La verVe et la Joie », il frappe un grand coup.

La pochette équivoque et gentiment provocatrice, fidèle à l'univers de Bacchus, est signée Piérick. C'est lui qui signe également les illustrations du livret, avec beaucoup d'humour. Notons son excellente interprétation masculine de « l'origine du monde » de Courbet...

Au menu des réjouissances musicales, on retrouve un duo avec Anne Sylvestre (On peut sans aucun doute imaginer que la jeunesse de Nicolas a été bercée par les « fabulettes »...), une adaptation de Patrick Font du célèbre « Métèque » de Georges Moustaki, qui prend ici le nom d' « Identité Nationale » (en quatuor avec Agnès Bihl, Patrick Font et Sarclo), une très chouette chanson de Manu Galure (qui mérite une seconde lecture) « Fontaine », un clin d'oeil à « La Pierrette à Pigalle » ou encore des clichés comme on les aime... « Ta mère me veut pour gendre, j'prèfère encore Jeanne Mas ».

Alors, bien entendu, il est beaucoup question de plaisir dans cet opus où l'artiste Nicolas Bacchus, ouvertement gay et un tantinet provocateur, bouscule les codes de la chanson dite engagée. Mais il est aussi question de sujets de société, plus politiques. Il en ressort seize titres parfois insolents, mais toujours intelligents.

Bacchus est-il libertin, libertaire ou libéré? Probablement les trois à la fois. Et s'il était tout simplement libre? C'est déjà pas si mal...

Idoles Mag n°14 / Avril 2011