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Chronique Album

Le doigt dans l'oeil - Le 02 mai 2011

Pour exalter cette joyeuse verve, Nicolas Bacchus a convié au banquet festif et musical une belle compagnie de collègues de scène, par ordre d'entrée en disque, Thomas Pitiot, Anne Sylvestre, Agnès Bihl, Sarcloret et Patrick Font, Lucas Rocher, Yoann Ortega, avec l'amicale participation virtuelle de Bernard Dimey, Georges Moustaki et Vladimir Vissotski. On est dans la fine fleur des troubadours aux voix bien trempées dans les jus rouges de la treille vineuse, les capiteux St Emilion, ou les guillerets vins primeurs, les turbulents champagnes, toute la gamme des chansons de vie est réunie dans cet album de verve tonique.
En pleins et déliés, en manifeste urticant ou en lettre tendre et complice ("Cousine" avec Anne Sylvestre), en chanson de rue quand la rue est en fête, ou en colère, en groupe, en ligue, mais en chanson, par exemple cette Identité Nationale ("Les métèques" sur l'air bien connu d'un pâtre grec ou alexandrin), c'est un vrai coup de pied au culte de la souche identitaire (sauf en Ariège), après des moments où il a l'âme à la tendresse, entre les heures de la rage et les heures de l'amour...
Conçu dans la douleur, et accouché dans la joie, il émane de cet album un souffle de fraternité, de générosité, de flammes dansantes, en espérant des jours plus gais, joliement dépeints, "si je taquine les femmes en prose, je rêve à l'homme en vers, et contre tout." Comprend qui veut, comprend qui peut. Beaucoup de finesse et de délicatesse quand il faut exprimer le "je" des sentiments, tant pour les mots que les musiques et les orchestrations. Et c'est dans une fin de bal vibrante (en Ariège) que le banquet se conclut, provisoirement, car il y a toujours quelque part un écho qui renvoie le refrain, "Allons enfants de l'apathie, le jour de joie va arriver..." demain, ou après demain.
En verve et contre tout !

Norbert Gabriel pour
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