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Je suis pédé et je le reste / et dans la verVe et dans le geste

Et alors ? - Le 04 juillet 2011

Le quatrième album de Nicolas Bacchus, La verVe et la Joie (répète après moi), est sorti ! C'est de la chanson française, qui pourrait plaire à ta mère (ou pas), mais c'est très bien quand même.

Qui a dit encore ? Si si dans l’assistance, des gens ont dit "il va encore écrire un truc sur Nicolas
Bacchus et on en a marre. On veut de la vraie chanson française engagée." Cessez donc de vous plaindre, la prochaine fois, nous évoquerons Michel Sardou et Jean Pax Méfret.

Ce qu’il y a de bien dans Nicolas Bacchus, enfin si j’ose dire, c’est qu’il y en a pour tous les goûts. De la chanson politique un peu sérieuse, de la chanson politique plutôt satirique, de la chanson poétique qui parle de liberté ou d’engagement, de la chanson poétique qui parle de cul ou d’amour, de la chanson rigolote qui parle de tout… En fait si vous êtes un peu contestataire sur les bords, ou un peu sensible au cœur, ou un peu jouisseur de la vie de la tête au pied (et non pas de la tête au v…. Non je n’ai rien dit), ou un peu rieur, bin ça devrait vous plaire. Si vous cumulez, je crains que votre cas ne soit désespéré. Par contre, vous découvrirez avec enthousiasme le dernier album de Nicolas Bacchus, fort subtilement intitulé La verVe et la Joie. Je crois qu’il y a une contrepèterie. Mais je ne sais pas trop bien laquelle. Tout ça pour dire que ses chansons ont du sens, même si parfois il est double ou multiple, voire les deux, ce qui devient compliqué à suivre.

Liberté, Identité…. Vos papiers ?

Qu’il chante les peurs d’une société repliée sur elle-même pour mieux les dénoncer ("Les gens de mon pays balisent / Leur territoire, leurs entreprises / Les gens de mon pays grelottent / Même à la canicule / Ils voudraient mettre une paire de menottes / Tant leurs démons les brûlent"), qu’il célèbre notre identité nationale (ou ariègeoise, je ne fais pas bien la différence) à sa façon ou qu’il nous fasse frissonner en reprenant les mots de Vladimir Vissotsky ("J'voudrais savoir pourquoi, pourquoi / Elle vient trop tôt la fin du bal / C'est les oiseaux, jamais les balles / Qu'on arrête en plein vol"), la rage et l’énergie sont toujours là. Comme au premier jour. Non non rien n'a changé ; tout, tout a continuééé. (oui, moi aussi j'ai une culture musicale) Toute référence avec le climat politique et social d’un pays quelconque ne serait que pure coïncidence.

On touche le Font* (mais on aime bien ça) avec une parodie du Métèque de Georges Moustaki. C’est l’occasion pour Bacchus de réunir, dans une chouette ambiance chansonnière, Patrick Font, Sarclo et Agnès Bihl. Il y a un peu de l’héritage de Font et Val dans tout ça. Mais je vous parle d’un chant que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… Derrière l'humour mordant, la satire politique est bien présente ("Le jour du quatorze juillet / Je plante des drapeaux français / Sur les fenêtres de ma rue / J'ai même fait tondre ma pelouse / Quand en juillet 92 / Un All'mand s'est couché dessus"). On écoutera et regardera avec plaisir un lipdub original sans comparaison possible avec d'autres lipdubs de sinistre mémoire.

Se révolter en chantant, c’est bien plus marrant.

C’est bien plus émouvant, aussi. Le duo avec Anne Sylvestre souligne une autre influence, une autre filiation chansonnesque, un cousinage entre deux générations de "chantistes" et de militant. Si si la chanson peut être militante et il ne faut pas la fuir pour autant. Bien au contraire!

"- Un duo avec Anne Sylvestre ?
- - Mais c’est un peu de la chanson de pédé alors ?
- - Non…. Tu crois ?"

Ecoutons un peu le Bacchus chantant les chansons tristes ou gays (non, elle n'est pas de moi). On retrouve, avec ce nouvel album les chansons crues et/ ou sensibles, qui croquent sous l'Adam, et où l’on parle pêle-mêle de sentiments, de libertinage ("Allez d'accord, j'te dis tout / J'en ai connu des p'tits gars / J'en ai connu des beaux comme tout / J'en ai connu des beaux comme toi"), du "soleil qui s'endort à l'Ouest sur la rivière", ou encore de belle-mères entreprenantes. On se laisse prendre à nouveau... par ces histoires de garçons amoureux d'autres garçons, histoires qui tour-à-tour feront battre le petit cœur des midinettes, rire les esprits gaillards (et pleurer le petit Jésus. Le petit Jésus et la morale en prennent d'ailleurs pour leur grade ["Si tu savais à quoi je suis en proie : / Des choses dont la morale publique / Qui ferait mieux d'en avoir moins, je crois / S'emporterait, brandissant l'eau bénite, / Si elle savait ce qu'on peut faire à trois..."]).

Des textes qui s’inscrivent donc dans la lignée des précédents albums. Mais qui, avec La verVe et la Joie profitent de la présence d’invités, chanteurs et musiciens, de choix, ce qui donne à l’ensemble une sonorité nouvelle et réussie. Je ne suis pas certain de comprendre cette dernière phrase. Pas vous ? Un album qui marque l'entrée dans l'âge de la sagesse, sagesse musicale s'entend.

Oh et puis zut ! Les critiques, je sais pas faire, vous n’avez qu’à aller écouter vous-mêmes !

C'est par ici que ça se passe !

Pirlouit pour
Et alors ? (le site)
La page de l'article

* Là normalement, j’avais prévu une blague d’un goût douteux, « mieux vaut toucher le Font plutôt qu’être touché par Patrick Font » mais nous sommes sur un forum respectable et à la répétition, on m'a conseillé d'éviter de plaisanter sur ce genre de sujet.