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Les textes de Nicolas Bacchus décapent et égratignent

Le Pays - Le 24 mars 2008

En première partie de Benoît Morel à Beaucourt, Nicolas Bacchus a laissé parler son humour abrasif et ses coups de gueule contre l'absurdité de notre monde.

Bacchus: dieu du vin, de l'ivresse et des débordements. Aucun rapport avec Nicolas Bacchus? Si, les débordements de l'artiste qui ne semble respecter aucun garde-fou. Accompgné par le seul violoncelle d'Hélène Billard, il aborde tous les sujets qui dérangent les têtes trop bien pensantes. L'homosexualité par exemple avec la chanson Ton fils dort avec moi, ponctuée par une phrase qui fait mouche: "Nos corps ont des raisons que vos raisons ignorent".

Laissez passer les sans-papiers

Avec une gouaille rafraîchissante, il caricature un peu plus tard ses semblables, Renaud, Aznavour ou même Barbara, en délivrant des versions décapantes du Petit âne gris d'Hugues Aufray.

Carla Bruni n'échappe pas au tourbillon Bacchus, dévastateur à souhait.

Un peu plus tard, sur l'air des Petits papiers de Gainsbourg, il fustige les politiques et les quidams qui ne pensent qu'à renvoyer dans leurs pays les étrangers en situation irrégulière.

"Liberté, égalité, vos papiers. Charters au r'voir, papier mouchoir. C'est juste sous vos papier rideaux, n'ayez plus peur papier d'humeur, de protester. Laissez passer les sans-papiers...", clame-t-il comme une incitation à combattre ce qui est pour lui l'inacceptable.

Désirant dévoiler en quelques titres l'étendue de son talent, Nicolas Bacchus chante aussi l'amour. "Fontaine, je boirai de ton eau, j'en aurai les mains pleines glissant sur ta peau", déclame-t-il alors que le rythme s'est fait plus lent et la mélodie plus douce

En quarante minutes, Nicolas Bacchus a su séduire en plantant une à une les principales flèches de son arc, l'humour, la poésie ou encore la puissance des mots, crus, piquants mais si tristement vrais.

Encore une première partie que l'on pourrait bien revoir au foyer Georges Brassens de Beaucourt, et cette fois tout en haut de l'affiche.

Daniel DAUCOURT pour

Le Pays