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Vie d'artiste - Vitriol, guitare et chatouilles

La Dépêche Villefranche de Rouergue - Le 31 aout 1997

L'air de ne pas y toucher, Nicolas Bages chatouille nos neurones là où ça peut faire du bien. Néo-villefranchois, cet éduc de métier, gratouille la guitare pour le plaisir de chanter, à la face de gens bien intentionnés ou non, quelques bonnes vérités de derrière les fagots. Trois soirs d'affilé, il s'est offert la scène du Dobro, pour rappeler au bon souvenir de celles et ceux qui ont 1a mémoire qui flanche que Font et Val ne se prennent pas pour des chiens de cirque, mais sont de bons vieux chansonniers des temps modernes auteurs de textes au vitriol. "De la graine d'ananar" moins cérébrale que celle qui germa chez le vieux Léo. "Nicolas et les Boyz Bandent", tout un programme. L'air de ne pas y toucher, l'oiseau qui fait son nid sur 1a scène toulousaine "dans des bistrots seul avec ma guitare", ne l'envoie pas dire. "C'est vrai que chanter du Font et Val c'est subversif, mais ça bouge même si ça choque les gens". Et par ces temps troublés, où au-dessus de nos têtes d'enfants de 89 et de la déclaration des droits de l'homme, plane l'ombre grise de corbeaux peu recommandables, témoigner avec des mots vrais et des éclats de rire reste encore du domaine du possible. Pourquoi s'en priverait-on ? En tout cas Nicolas ne se gène pas. "Les chansons de Font et Val avec d'autres mots, mais dans le même esprit, disent ce qui a été dit dans la chanson française en d'autres temps". Réécouter Brassens s'encanailler avec les pandores sur le marché de Brive la Gaillarde ou Brel vitupérer sur les bourgeois, la fibre reste identique. C'est celle qui donne la chair de poule. Lui et ses boys, Jérémy le batteur et Romain le bassiste, sans nager en eaux stagnantes, se sentent comme des poissons dans l'eau daris ce répertoire duquel quatre ou cinq compositions émergent, "Poétique, politique et citoyen" tel se positionne le credo de ce fou de chanson. Sans état d'âme, il fait feu de tout bois. Et aimerait bien se faire entendre un brin autour de ses bases. Et comme il dit en substance, tant qu'il y aura des lieux comme le Dobro on pourra toujours s'exprimer ". Gare au gorille ! ! !