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Les idées libertines et libertaires de Nicolas Bacchus

La Provence - Le 31 mars 2011

En la personne de Nicolas Bacchus, la Fnac d' Aix-en-Provence va accueillir, samedi à 17h30, un chanteur atypique, volontiers provocateur. Rencontre avec un trublion, très talentueux, de la variété française.

Comment vous présenteriez-vous et comment définiriez-vous votre place dans la chanson française ?

Originaire d'Auvergne et toulousain d'adoption, ancien éducateur spécialisé, je me consacre à la chanson depuis douze ans et j'ai déjà enregistré quatre albums. Pour moi, ces deux activités ne sont pas si différentes. Je pense que c'est la même passion de transmettre, d'essayer de servir à quelque chose qui m'a poussé vers un versant comme vers l'autre, mais aussi vers les différents engagements que je porte. Le mélange des genres m'amuse beaucoup. Et je défends des idées libertines et libertaires. Des idées libres, en tout cas, en parlant de politique, de jeux de mots comme d'homosexualité. Par le biais de l'humour et de la provoc autant que de la poésie ou de la colère...J'essaie quand même de ne pas perdre l'auditeur en route, de le rendre assez complice de ces allers-retours. D'ailleurs, les chanteurs qui me plaisent sont aussi ceux qui ne s'interdissent rien et explorent tous les registres. Brel le faisait, tout comme plus récemment Anne Sylvestre, Renaud, Juliette, Agnès Bihl, Thomas Pitiot ou Loïc Lantoine. Ça donne de l'humain plus sûrement qu'en se cantonnant dans un style ou dans une niche commerciale. On est rarement qu'une seule chose à la fois, et en tant qu'être humain, il n'y a pas de raison que cela ne se retrouve pas aussi dans les chansons.

Votre album s'appelle "La verVe et la Joie". Comment l'avez-vous construit ?

Après un album en public et un autre en studio, où chacun était venu enregistrer sa partie à son tour, j'avais envie à la fois du studio et de la vie du groupe, pris sur le vif. Il y a donc encore pas mal d'invités, d'Anne Sylvestre qui m'a fait l'honneur d'un duo à Thomas Pitiot, Agnès Bihl, Patrick Font ou Sarcloret, mais une formule musicale relativement resserrée (7 musiciens contre 35) et on a enregistré quasiment en condition live. Cela a donné au disque un vrai son de groupe et une cohésion, même si les ambiances sont très différentes d'une chanson à l'autre. Évidemment, tout cela n'a été possible que grâce à des musiciens de haut niveau, Giovanni Mirabassi en tête, Brahim Haiouani, à l'ingénieur du son Sylvain Mercier, qui a travaillé avec Benjamin Biolay sur La superbe.

Pour vous, la scène a-t-elle une grande importance ?

Bien sûr ! Fidèle à l'idée du parcours indépendant, je veux toujours faire de vrais spectacles vivants en m'adressant au public, en le remuant. Avec la volonté d'une complicité, d'un échange. L'écriture des chansons suit cette exigence. Je pense, dès les premiers mots jetés sur le papier, à ce que cela pourra donner sur scène, dès la mise en musique, aux citations, clins d'oeil, parodies possibles, aux endroits où laisser du temps pour ajouter un geste, un baratin, un aparté...Ce qui demande d'ailleurs un gros travail aux musiciens qui m'accompagnent pour s'adapter aux imprévus du moment, plutôt que de suivre la partition à tout prix ! Bref, pour que les gens ne s'embêtent pas, faut pas qu'on s'ennuie !

 

Jean-Rémi BARLAND pour

La Provence