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Bacchus, trois semaines à table

La Marseillaise - Le 29 mars 2007

Après deux semaines à Paris, et avant de s'installer en résidences à Lyon puis à Lille, Nicolas est de retour à l'Exodus, son Q.G. phocéen, pour une escale de création de trois semaines avec le sémillant duo Royal Breakfast, qui signaient les explosives Bombes sur son deuxième album A Table. Au menu : "une refonte guitaristique et un dynamitage en règle du répertoire". Et, au fil du travail, des concerts les jeudis, vendredis et samedis à 20h30.

Obsédé de sexe et de syntaxe

Ledit répertoire, pour ceux qui, ô parjure, ne l'ont encore ni vu ni même lu dans ces colonnes lors de ses précédentes escales, foisonne de belles et denses chansons, tristes ou gay, souvent acides ou enlevées, parodiques (avec l'insubmersible Petit âne gris) mais jamais toc, écrites de sa main ou piquées aux Malpolis, Michèle Bernard et même Genet ou Richepin. Quelque part, et pour un tas de raisons, entre les Têtes Raides, Desproges, Guidoni et Juliette - une copine avec qui il chante une émouvante Enquête préliminaire autour d'un amant commun -, cet obsédé de sexe et de syntaxe devrait s'en donner à coeur joie en ces temps de parole ! - le tout entre deux crises, de rire ou de larmes.

Bacchus sur scène, c'est un indispensable impertinent (du styleà enfin se moquer des Enfoirés), un citoyen qui souhaite sa vie privée, privée de rien. Mais c'est aussi, et surtout, un auteur inspiré et respirant, un musicien qui soigne ses cordes, et un chanteur dont le raclement de gorge détruit sur son passage tous les lissages alentours.

Denis BONNEVILLE pour

La Marseillaise