Presse

 

Nicolas Bacchus a été convoqué au commissariat

Le Villefranchois - Le 22 aout 1998


Une fausse note à Microssillons au nom de la liberté d'expression
Si l'esprit de fête a très largement dominé lors de la dernière
édition de Microsillons, concours de chant amateur organisé dernièrement par le Comité visa, I'intervention à caractère politique et idéologique d'un jeune auteur-compositeur a néanmoins conduit ce dernier à s'expliquer devant les policiers villefranchois.
En effet, avant d'interpréter sa chanson intitulée "Au royaume des aveugles, Le Pen n'a qu'un oeil", Nicolas Bacchus, éducateur spécialisé à l'Oustal (Sainte-Croix), a publiquement fait savoir qu'il était favorable à la fermeture du commissariat de Villefranche.
Le jeune homme a justifié cette position en s'appuyant sur un article publié dans un journal satirique toulousain, daté de 1996, selon lequel l'ex-syndicat Front National de la police avait obtenu 25 % des suffrages au commissariat de la ville.
Nicolas Bacchus a par ailleurs appelé les spectateurs présents à ne pas signer la pétition hostile à la disparition du commissariat local. Dans son ensemble,.le public ne semblait guère soutenir l'intervenant, ce dernier dédiant sa chanson aux " policiers FN ".
Nicolas Bacchus a été convoqué le lendemain au commissariat, par le commandant Labelle, "à titre amical", afin de l'informer des véritables résultats enregistrés lors des élections syndicales, à savoir 7% en faveur du FN et non 25% comme l'avait avancé le jeune homme. "Je suis tombé d'accord avec le commissaire sur l'attachement à des valeurs communes. Mais malheureusement, certains de ceux qui nous contrôlent dans la rue n'ont pas l'esprit aussi ouvert", a déclaré l'artiste.
Quelques jours plus tard, le SNPT - UNSA Police a annoncé qu'il se réservait le droit de saisir la justice, expliquant que si "la liberté d'expression est un des moyens de défendre et de faire passer des idées de façon démocratique dans un état de droit", elle est aussi "un bien qui ne peut être galvaudé et utilisé à des fins aussi idiotes et maladroites" Vincent Hénin (Qui n'était pas là ce jour là, rentrait de vacances une semaine plus tard, que je n'ai pas rencontré, et qui n'a téléphoné qu'au commissariat en revenant. Aucun article ultérieur n'a fait état de la conversation "houleuse" que nous avons eue à ma demande suite à cet article, sur sa vision du métier de journaliste et de la conscience professionnelle...)
Le Villefranchois / 22 Août 98 (Toujours à l'heure…)