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Le Bacchus nouveau est revenu

La Montagne - Le 28 juillet 2012

Cour du Soir a livré, jeudi, un Bacchus du cru, élevé au grand air de Cusset. Dieu trublion du vin, de la fête et poète expressif, Nicolas Bacchus était de retour, sept ans après, pour un concert très relevé.

La verVe et la Joie, titre d'un de ses albums, il l’a indéniablement. Une voix grave à peine éraillée et un plaisir évident, jouissif, pour l'art du contre-pied, sur scène, Bacchus s'accompagne de musiciens tout aussi décalés, qui aiment surprendre et érafler. Passant de la guitare sèche à cœur, à l'électrique métallique, le chanteur mélange, ose pratiquer les jeux de langues et les doubles lectures, (heureusement) pas toujours lisibles pour le jeune public présent. Les plus grands s'en offusquent, un peu, étouffent des rires spontanés et suivent le fil de ses mots. Comme son illustre aïeul, il se joue des excès et frappe fort.

Il évoque tout, Nicolas Bacchus, l'homosexualité, la politique, les prostitués et surtout "l'amour sous toutes ses formes". Le chanteur commente aussi, s'arrête, reprend les couplets, pour mieux envoyer des petits tacles bien placés.

Si le bonheur se lit dans ses yeux, lorsqu'il n'est pas complaisant, il sait aussi être subtil, avec des mots vrais à la Prévert, des évocations sincères. On croise de tout dans la musique de Bacchus, des grands poèmes, des textes de Ber­nard Dimey, de Vladimir Vissotski, de la rue Ketanou, des accents à la Bras­sens et des airs de Moustaki, sans oublier de jeunes auteurs qui font mouche comme Manu Galure.

Non, il ne ménage pas son public, mais il l'aime comme on aime un enfant à qui on fait la morale et à qui on ouvre les yeux. Il offre un autre chemin, un peu plus grinçant mais sûrement plus honnête.