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Nicolas Bacchus au Saint Max

Hapiness In Huppsala (blog HI U) - Le 30 janvier 2013

Tiens pour une fois, je vais vous parler chanson française.

Pas celle qui fait la une des Inrocks ou de Magic ni enflamme les NRJ Music Awards. Une chanson peut-être plus typique de la langue de Molière, où le texte égale la mélodie sinon prime sur elle, où l’on prend le temps d’être politique, conscient, grave ou drôle. Vous allez peut-être me dire « olà, Mistinguette, nous, on mange pas de ce pain là… » . Mouais… Je vous invite à aller voir Nicolas Bacchus en concert. J’ai comme l’impression que vous changerez d’idée sur la question.

Dans un de ces resto-bars-concerts qu’il affectionne et où il excelle, le gaillard nous a donné ce mardi une belle leçon de chanson. Pas de hipsters à l’horizon, juste un groupe de gens hétéroclites qui s’étaient réunis là ce soir pour écouter quelque chose qui sonne juste, vrai et sensible, sans oublier de se marrer un peu. C’est assez rare à Paris et ça fait du bien.

Bacchus, c’est un atypique, mâtiné aux Leprest et aux Sylvestre mais avec une bonne dose de quelque chose bien à lui. Un large sourire pour une grande gueule bien sympathique – enfin quand on est d’accord avec lui, et ces temps-ci, y’a dans l’air un truc qui dit qu’on est peut-être pas si nombreux… Mais pardon, je dévie…

Faut dire qu’il a de quoi faire chier les pénibles, les fanatiques et les culs bénis, ce mec là. Bien à gauche, gay, un œil acéré sur notre société, l’autre rivé sur le petit mec mignon au premier rang, Bacchus se présente avant tout comme un épicurien, qui ne boude pas son plaisir à dire tout haut ce qu’il pense tout bas. Il a le mérite de ne pas jouer les représentants de « communauté » (je déteste ce mot clivant) mais d’être simplement ce qu’il est. Et il le fait bien.

Ses chansons alternent parodie, humour sarcastique et engagement, sensibilité et passion. S’il est épatant pour nous faire rire, il est absolument magnifique quand il parle d’amour, de sensualité. On ne l’attend pas forcément dans ce registre mais il transmet quelque chose de sensuel et élégant. Prenez par exemple « Étrange »…

Il en ressort une prestation jubilatoire, où l’on passe du rire aux larmes sans vraiment y prendre garde. On passe un excellent moment en sa compagnie au cours de ce concert « à la bonne franquette » et sans prétention mais où le talent et l’expérience font toute la différence.

Merci Nicolas pour cette bonne soirée!

Laure Dasinières pour
Hapiness In Uppsala
(Fondatrice de Not For Tourists en 2008, rédactrice en chef ex-aequo de Happiness in Uppsala. Amatrice de musique bizarres, de théâtre et de danse)