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Nicolas Bacchus : «Ma raison d'être, c'est mélanger les publics»

La Dépêche du Midi - Le 29 decembre 2017

Nicolas Bacchus : «Ma raison d'être, c'est mélanger les publics»

Concerts

Du 29/12/2016 au 31/12/2016
Nicolas Bacchus, trois soirs au Bijou./Photo DR
Nicolas Bacchus, trois soirs au Bijou./Photo DR


Son univers, poétique populaire est mâtiné d'insolence et de vulnérabilité. à partir de ce soir et jusquà samedi, Nicolas Bacchus se produit au Bijou

Sur le ton décalé et libertaire qu'on lui connaît, Nicolas Bacchus occupe à partir de ce soir jeudi, la scène du Bijou pour trois soirs. Une façon de replonger dans son univers poétique populaire mâtiné d'insolence et de vulnérabilité. Rencontre avant la fin d'année…

Vous jouez trois soirs au Bijou pour clôturer l'année, quel sera le programme ?

Si j'arrive à trouver quelques invités qui ne sont pas trop saouls, sans gastro entre les fêtes, il y aura quelques invités mais sinon je pense qu'ils vont me laisser tout seul comme un chien pour me laisser passer le 31. Parce que vous savez qu'il n'y a aucune solidarité parmi les chanteurs. Ils risquent de me laisser tout seul, passer un réveillon pourri en se barrant eux ailleurs, là où c'est bien. Ça risque de finir comme ça.

Vous avez tout de même de la matière pour occuper les trois soirées…

Voilà je ferai mon possible pour occuper les gens parce que déjà s'ils viennent là c'est déjà sympathique. Et avec cinq albums puis avec le projet «Virage à droite» mené à plusieurs, il y aura de la matière. Ce ne sera pas «Nicolas Bacchus chante Noël» ni le nouveau spectacle parce que son écriture n'est pas terminée.

Le Bijou est une scène que vous connaissez bien…

J'ai commencé au Bijou quand je suis arrivé à Toulouse. J'avais 24 ans, j'étais venu comme éducateur spécialisé, j'ai regardé ce qu'il y avait comme salle de spectacles à Toulouse, j'ai commence à aller aux scènes ouvertes qui s'appelaient Les joueurs de voix et à un moment l'un des deux animateurs a voulu arrêter donc j'ai pris la suite ! Petit à petit j'ai fait de moins en moins l'éduc et de plus en plus le chanteur. Philippe Pagès m'a proposé la première partie des Malpolis à l'époque. Mes premières vraies scènes dans une salle impressionnante où j'avais vu des gens que j'adore c'était le Bijou.

Le ton décalé, libertaire qui est le vôtre doit-il être mis en sommeil ou a-t-il encore plus de raison d'exister par les temps qui courent ?

Je pense qu'il a effectivement des raisons de plus d'exister, après trouver en soi l'envie, la force de continuer à le faire exister avec tout ce qu'il prend dans la gueule c'est plus compliqué. Mais chaque fois que je vais devant les gens et qu'ils me disent «Ah ça fait du bien !», ça me redonne l'envie même si, chaque fois que je me retrouve devant ma radio à écouter les infos, ça me confirme qu'en fait les chanteurs ne servent à rien. Mais les réactions des gens donnent la force de continuer, de résister, de faire ce qu'on peut à son petit niveau même si les gros niveaux partent dans tous les sens.

Tout ça fait écho à votre engagement…

Ce qui fait que je me trouve une raison d'être et que je me dis ça vaut le coup de continuer c'est que je ne suis pas dans une seule niche. Je suis chanson française mais aussi militant et un côté homosexuel affirmé. Ça m'a toujours permis de dire que je mélange les publics, d'amener les gens à écouter un peu plus que ce qu'ils auraient entendu si je n'étais pas là.

La scène est nourricière et nécessaire pour vous…

Dans les deux sens j'espère. C'est nourricier et nécessaire pour moi parce que ça me rappelle pourquoi je fais ça parce que parfois c'est facile à oublier. Et puis c'est nourricier dans l'autre sens parce que les gens viennent dire «ah ça fait du bien on repart on a envie de se battre plutôt que de s'enfermer sous la couette et de laisser passer l'orage».

Jeudi 29 et vendredi 30 décembre à 21h30 au Bijou (123, avenue de Muret). Tarifs : 10 et 12 €. Et «Réveillon à Nicolas Bacchus » samedi 31 décembre à 21h30 (complet). Tél. : 05 61 42 95 07. www.le-bijou.net