Presse

 

NICOLAS BACCHUS

FAC TOTUM - Le 01 mars 2001

Lui, je lui devais bien une chronique. D'habitude, ce sont les artistes qui se pointent en retard. Là... Ce fut plutôt une discussion à bâtons rompus sur les arcanes pour se faire un nom dans ce métier, sur les artistes qu'il aime et essaie de programmer au Bijou avec Philippe Pagès, comme Michèle Muhleman, sur la propension de certains à devenir les incontournables de !a marge gasconne en se réappropriant des quartiers entiers jusqu'à en revendiquer l'image, sur !es espoirs que suscitent Les motivés, sur la culture toulousaine confinée à la Halle aux Grains, au TNT, au Capitole et au Zénith, laissant les "rodé" se partager les miettes qui restent, sur la difficulté de z'yeuter les p'tits mecs qui

passent, une minerve au cou. Car Nicolas BACCHUS (Déjà, le nom, c'est tout un programe !) intègre dans ce que Gainsbourg qualifiait d' "art mineur" l'expression d'une homosexualité quasiment absente dans la chanson française. Dick ANNEGARN et d'autres n'ont jamais porté haut et fort ces couleurs là, et aborder amour et vie sous cet angle là aussi reste une gageure qu'il semble armé peur remporter, à terme, dans ce milieu aux cadres déjà bien établis. Car il possède déjà les mots qu'il faut, qu'il triture, fractionne aux limites du cru (ça devrait faire pousser les hauts cris à quelques barbons …), il a cet humour "à la française" (Lapointe en tête) qui permet de prendre de la distance sur des sujets pas toujours drôles, et, surtout, un ton qui ne demande qu'à exploser aux yeux du plus grand
nombre, pourvu qu'il trouve les bonnes '"ouvertures" nécessaires dans ce métier. Notons que son CD "COUPE D'IMMONDES" est disponible chez GIBERT, à Toulouse, et qu'il vaut largement le détour, vrai de vrai...
Karine LOPEZ - Pierre de NODREST