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Chroniques de disques - Bacchus prend son envol

PRESTO - Le 01 mai 2002
Balades Pour Enfants Louches
Eté 2000 nous découvrons BACCHUS et son album autoproduit Coupe d’immondes... Et Autres Réjouissances Populaires. On reste sur le cul de ses audaces textuelles mais en déplorant un peu l’ambiance musicale feu de camp. On résume “Avec un vrai groupe derrière lui, ses chansonnettes bombinettes deviendraient hymnes à tout casser”. Et H.M. de renchérir dans Rock’n’Folk, réclamant pour les textes “un traitement musical et une production à la hauteur de leur verve provocatrice”.
Printemps 2002 réception de Balades Pour Enfants Louches distribué par Mosaic Music. Intro, premier titre, on a peur que BACCHUS fasse plus colo que jamais. Et puis... Mais voilà du violoncelle et de l’harmonica diatonique ! Des percus et du saxo ! Voilà que le spécimen se fout de sa propre gueule (“y en a, c’est pire que du Bacchus”...) ! Mais il a rajeuni l’animal ! Mais il se fout de sa gueule mais il nous engueule aussi !
Dans ce disque enregistré live au Bijou de Toulouse deux mois après l’explosion d’AZF, il y a du lyrisme festif, de la gouaille coléreuse, de la dérision énergique. Et tout un tas de nouveaux titres du feu de Dieu, et une voix qui, de se sentir ainsi chaleureusement entourée, prend enfin son envol, s’éclate, s’épanouit.
Et puis quand même c’est plutôt rare de voir secouer le conformisme et la bonne conscience avec autant de vigueur. Il faut goûter l’adaptation des “P’tits Papiers” devenue “Laissez passer les sans papiers”, il faut entendre les analyses des bonnes causes et des mauvaises raisons, il faut savoir que des jeunes s’appuient sur le répertoire de BACCHUS pour faire leur coming out, avant de commencer à comprendre un peu à qui on a affaire. BACCHUS, l’inconvenant. Le bélier qui fonce tête baissée. Jusqu’ici il lui manquait le son que ce ton méritait. C’est chose faite. Aucune porte ne pourra plus résister.
ALIAS