Presse

 

Sensualité débridée

L'oreille Webzine http://www.loreille.org - Le 07 fevrier 2003
Nicolas Bacchus a l'air d'un chanteur à textes comme un autres. Les premiers morceaux nous confortent : la voix est bien, les textes sont bien, la musique est bien. Bien... Puis on constate que Nicolas ne fait pas que chanter, il parle aussi. Beaucoup. 9 plages du live sur 23 sont consacrées à ses discours politiques ou poétiques. On découvre un chanteur homosexuel très engagé et très sensuel. Parce que voilà, à la 8e plage arrive La Chanson de l'Ami. La chanson de rupture, la poésie, le vrai, le sincère. Et Nicolas qui avoue à la fin « je veux rester l'ami à qui tu fais l'amour »… S'en suit un texte métaphorique aussi sexuel que poétique. Puis LA chanson qui nous conquit, Chanson de l'Ange. La sensualité coule au milieu de la brutalité, la voix s'emporte, l'émotion nous attrape, on dégouline…Il faut écouter ce morceau et ne rien faire en même temps, se laisser emporter la voix chaude, les mots cruels et caressants, les cordes, percussions et autre harmonica écorché. Attention toutefois à la descente, la chanson qui suit (drôle mais pas top) casse le trip envoûté dans lequel on nageait. Les morceaux qui suivent sont pêchus, le public est conquis autant par les chansons que par les discours subversifs. Tout le monde en prend pour son grade, aussi bien Total, Danone que la CGT et même Hugues Aufrey. Séquence drôle -vraiment cette fois : ses versions du Petit Ane Gris à la Renaud, Cabrel ou Aznavour. Quand il n'attaque pas, Nicolas Bacchus fait des jeux de mots imagés (« Les hauts et les bas, les très hauts et les ébats »…). Ou encore lâche des phrases mélancoliques comme « on m'a tellement quitté que chaque fois que j'embrasse quelqu'un, j'ai l'impression de dire aurevoir ». Il est temps d'arriver au bijou final : Oiseaux de Passage, le poème de Jean Richepin que Brassens avait mis en musique. L'interprétation de Bacchus ne laisse aucun doute : non, il n'est pas un chanteur à textes comme les autres. A écouter de toute urgence et à voir, avec Gavoche au Bâteau Ivre (Tours) le 31 Janvier.

par emmanuelle@loreille.org