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La fin du bal (Le vol arrêté)

(Vladimir Vissotski / Maxime Le Forestier)

Comme le fruit tombe sans avoir pu mûrir

La faute à l'homme, la faute au vent

Comme l'homme qui sait en se voyant mourir

Qu'il n'aura plus jamais le temps

Un jour de plus il aurait pu chanter

Faute au destin, faute à la chance

Faute à ses cordes qui s'étaient cassées

Son chant s'appellera silence.
Il peut toujours le commencer

Nul ne viendra jamais danser

Nul ne le reprendra en cœur

Il n'aura jamais rien fini

A part cette blessure au cœur

Et cette vie.

 

Pourquoi

J'voudrais savoir pourquoi, pourquoi

Elle vient trop tôt la fin du bal

C'est les oiseaux, jamais les balles

Qu'on arrête en plein vol.

 

Comme ces disputes commencées le soir

Faute à la nuit, faute à l'alcool

Et dont il ne restera rien plus tard

Que quelques mégots sur le sol

Il aurait tant voulu frapper pourtant

Faute au couteau, faute à la peur

Il n'aura fait aucun combat au sang

Juste le temps d'un peu de sueur

 

 

Lui qui aurait voulu tout savoir

Il n'aura même pas pu tout voir

Lui qui avait l'amour au corps, au corps

Pour la seule qu'il aurait gardée

Il a rendu sa barque au port

Sans l'embrasser, sans la toucher

Juste y penser jusqu'à la mort

 

Refrain

 

Il écrivait comme on se sort d'un piège

Faute au soleil, faute aux tourments

Mais comme il prenait pour papier la neige

Ses idées fondaient au printemps

Et comme la neige recouvrait sa page

Faute aux frimas, faute à l'hiver

Au lieu d'écrire il essayait, courage

D'attraper les flocons en l'air

 

Mais aujourd'hui il est trop tard

Il n'aura pas pris le départ

Et son souvenir ne sera

Que la chanson d'avant la lutte

De l'évadé qui n'aura pas

Atteint son but.

 

Pourquoi

J'voudrais savoir pourquoi, pourquoi

Elle vient trop tôt la fin du bal

C'est les oiseaux, jamais les balles

Qu'on arrête en plein vol.

 

 

Refrain