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Grasse matinée

(Nicolas BACCHUS)

Ce matin, dans le grenier,
J’ai fait une grasse matinée
Avec une grâce maculée
De taches de rousseur et de grains de beauté

Ce matin, dans le grenier,
On s’est fait de grasses tartines et
De beurre en confiture collés
Dans les jus et les miettes on a recommencé

Ce matin, j’n’ai pas renié
Ses mammaires masses gratinées
Qui là n’ont pas servi qu’au lait
Nos passes, à dépasser l’indécent, commençaient

Ce matin, comme un gros niais,
J’me suis fait une garce platine et
Un peu grasse qui m’a acculé
À prendre ses désirs pour mes réalités

Ce matin, dans le grenier,
Avec une grâce mâtinée
De sadisme elle m’a collé
Au radiateur brûlant menottes aux poignets

Ce matin, dans le grenier,
Par ses agaces ratatiné
J’ai repris le flambeau pour couler
La cire de six chandelles sur ses chairs échaudées

Ce matin, elle a grogné,
J’n’ai pas fait grâce du martinet
Fouet pour chienne fin d’race éculée
Dans nos ébats habiles nos abats s’appâtaient

Dans nos ébats habiles nos appas s’abattaient
Dans nos ébats habiles nos abats s’appâtaient
Nos abats s’appâtaient, nos appas s’abattaient
S’appâtaient, s’abattaient, s’abattaient, s’appâtaient…

L’ecchymose sans se battre
C’est l’appât sans la pâtée
Et qui n’ose pas s’ébattre
N’aura plus qu’à s’empâter.